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Le blog sur l'éducation canine et le bien être de votre chien

Enfant et chien : construire une relation sereine et épanouissante

il y a 5 jours
7 min de lecture

Dernière mise à jour : il y a 23 heures


Ils peuvent s’adorer… sans toujours se comprendre.
Enfant avec un Border Collie lors d'une interaction, illustration de l'observation de la communication du chien

Un jour, votre enfant et votre chien se cherchent, jouent ensemble et semblent parfaitement accordés.

Un autre, votre enfant aimerait jouer alors que votre chien cherche à dormir.

Votre chien sollicite encore votre enfant alors que celui-ci en a assez.

Ou une partie de jeu commence dans les rires… et finit avec un niveau d’excitation que plus personne ne sait vraiment faire redescendre.

Et puis, le lendemain, ils se cherchent à nouveau comme si de rien n’était.

Parce que la relation entre un enfant et un chien est, avant tout, une relation vivante.

Elle se construit, évolue, traverse des moments de complicité, des incompréhensions, des ajustements et parfois des tensions.

Une relation sereine n’est pas une relation dans laquelle tout se passe parfaitement. C’est une relation dans laquelle on apprend, progressivement, à se comprendre et à respecter les besoins de chacun.

🐾 Enfant et chien : apprendre à se comprendre


« Mon chien saute sur mon enfant. »

« Dès qu’ils jouent ensemble, il s’excite énormément. »

« Mon chien grogne quand mon enfant approche. »

« Mon enfant sollicite sans cesse le chien. »


Derrière ces situations très différentes, on pourrait être tenté de chercher immédiatement lequel des deux doit changer de comportement.

Pourtant, un chien et un enfant peuvent avoir beaucoup de plaisir à vivre ensemble sans pour autant parler le même langage.

Le chien communique avec l’ensemble de son corps.

Il peut rechercher le contact, proposer une interaction, s’exciter… mais aussi détourner la tête, s’éloigner ou chercher un endroit plus tranquille lorsqu’il a besoin de repos ou de distance.


L’enfant communique lui aussi à sa manière : par ses mouvements, sa voix, son énergie, ses sollicitations, ses émotions, son envie de jouer ou, parfois, son besoin que le chien le laisse tranquille.


Et leurs envies ne coïncident pas toujours.


Parfois, c’est le chien qui devient très présent : il suit l’enfant, le sollicite, saute ou cherche continuellement à participer.

Parfois, c’est l’enfant qui aimerait prolonger une interaction alors que le chien essaie de s’en extraire.


Et parfois… ils sont parfaitement d’accord.

Ils ont tous les deux envie de jouer, chacun alimente l’excitation de l’autre et ils passent un excellent moment.

Jusqu’à ce que l’excitation monte un peu trop haut et que ce qui était agréable quelques minutes auparavant commence à déborder.

Cela ne signifie pas nécessairement qu’ils ont une mauvaise relation.

Apprendre à se comprendre ne signifie pas toujours vouloir la même chose. C’est apprendre, peu à peu, à reconnaître ce que l’autre nous communique.

🌱 Respecter les besoins de chacun… et accepter qu’ils évoluent



Enfant allongée avec un Border Collie détendu dans ses jambes lors d'un moment calme partagé

Ce qui fonctionne aujourd’hui ne fonctionnera pas forcément de la même manière dans quelques mois ou quelques années.

Parce qu’un enfant grandit.

Parce qu’un chien évolue lui aussi.

Et parce que leurs possibilités d’interagir changent avec eux.




🛋️ Quand ce qui fonctionnait hier ne fonctionne plus aujourd’hui


Une famille m’avait contactée parce que son chien grognait lorsque leur enfant approchait du canapé.

Le chien exprimait effectivement qu’il ne souhaitait pas que l’enfant s’approche.

Mais en regardant la situation dans son ensemble, un autre élément devenait important :

ce canapé était également son lieu de couchage.

Il n’avait pas d’autre espace de repos dédié.


Lorsque l’enfant était plus petit, l’organisation fonctionnait. Il ne pouvait pas accéder seul au canapé et le chien y trouvait naturellement un endroit où dormir sans être sollicité.

Puis l’enfant a grandi.

Il a commencé à pouvoir s’approcher du canapé et à y monter.


Ce n’était pas nécessairement leur relation qui s’était soudainement dégradée.

L’environnement avait changé avec les capacités de l’enfant.L’organisation du repos du chien, elle, était restée la même.

Le cadre qui fonctionnait auparavant avait simplement besoin d’évoluer avec eux.


🔎 Avant de chercher qui doit changer…


Trois questions peuvent déjà aider à regarder autrement une interaction devenue difficile :

👉 Que communique l’enfant ?

👉 Que communique le chien ?

👉 Qu’est-ce qui a changé dans leur interaction ou leur environnement ?


Le chien peut avoir besoin de tranquillité.

L’enfant aussi.

L’un peut avoir envie de contact lorsque l’autre n’est pas disponible.

Une habitude jusque-là très bien tolérée peut finir par provoquer du ras-le-bol.

Et un équilibre parfaitement adapté à une période de leur vie peut devenir moins juste quelques mois plus tard.


Avant de décider ce qu’il faudrait corriger, regardons ce qui a changé, ce que chacun exprime et ce dont chacun a besoin aujourd’hui.

🧭 L’adulte pose le cadre, l’enfant peut apprendre à en devenir acteur


Respecter les besoins de chacun ne signifie pas laisser l’enfant et le chien tout décider.


L’adulte reste le repère principal du cadre, qu’il ajuste au mieux en fonction des besoins et des ressources disponibles de chacun — y compris les sienne.


Un espace de repos n’existe pas simplement parce que « l’enfant n’a pas le droit d’aller là ».

Il existe parce que le chien a besoin de pouvoir dormir et récupérer sans être continuellement sollicité.

De la même manière, un enfant n’a pas à accepter qu’un chien lui saute dessus ou le sollicite sans cesse sous prétexte que celui-ci « veut juste jouer ».

La liberté de l’un trouve aussi sa limite là où commence celle de l’autre.

Mais une règle devient beaucoup plus facile à intégrer lorsqu’on en comprend le sens.

Dire à un enfant « laisse le chien tranquille » peut arrêter une interaction sur le moment.

L’aider à comprendre ce que le chien est en train de communiquer et pourquoi il a besoin qu’on lui laisse de l’espace lui donne des repères qu’il pourra progressivement réutiliser dans d’autres situations.


🐾 Les Petits Ambassadeurs des Pieds et des Pattes


Dans l’accompagnement Alignement des Pieds et des Pattes, les enfants ont eux aussi leur séance dédiée.

Un temps pour observer, comprendre et construire ensemble des repères qui leur permettront de devenir, à leur tour, les Petits Ambassadeurs des Pieds et des Pattes.

Nous observons ensemble la communication et les émotions du chien.

Nous réfléchissons au sens des règles qui permettront à chacun de trouver sa place.

Les enfants participent à leur construction, puis les expliquent eux-mêmes aux adultes.

Parce qu’un enfant n’est pas seulement quelqu’un qu’il faut protéger dans sa relation avec le chien.


Selon son âge et ce qui lui est accessible, il peut aussi apprendre à observer, comprendre, ajuster sa manière d’interagir et devenir progressivement acteur de cette relation.

L’adulte reste le repère principal du cadre. L’enfant peut apprendre à en comprendre le sens et à devenir progressivement acteur de la relation.


🌳 Une relation à protéger… et à laisser grandir


Construire une relation sereine entre un enfant et un chien, c’est aussi accepter de regarder deux réalités qui existent en parallèle.

Ne pas minimiser les risques. Ne pas réduire la relation aux risques.

🛡️ Connaître le chien, c’est aussi prévenir


Le risque de morsure existe.

L’ignorer sous prétexte qu’un chien est gentil, patient, habitué aux enfants ou très attaché à eux serait une illusion.


La prévention ne consiste pas pour autant à apprendre à l’enfant à avoir peur du chien.

Elle consiste notamment à lui donner des connaissances et des repères pour mieux comprendre cet animal avec lequel il partage son quotidien :

comment il communique, ce qu’il peut exprimer, pourquoi certains moments nécessitent davantage de tranquillité ou de distance.


Mieux connaître le chien permet aussi de mieux respecter ses limites et de réduire les situations dans lesquelles l’incompréhension peut devenir dangereuse.


💛 Une relation qui peut apporter bien davantage


Reconnaître les risques ne signifie pas réduire la relation entre un enfant et un chien à la prévention des accidents.

Parce qu’entre eux peut aussi se construire énormément de positif.

Des jeux, bien sûr.

Mais aussi de la complicité, de la confiance, une présence et des expériences partagées.

Et cette découverte quotidienne d’un autre individu qui ne ressent pas, ne communique pas et ne réagit pas exactement comme nous.


Enfant assise dans l'herbe avec un Léonberg et un Berger Allemand lors d'un moment calme ensemble

Apprendre à observer un chien, c’est aussi découvrir que notre façon d’interpréter une situation n’est pas nécessairement la seule possible.

Que l’autre peut avoir besoin d’espace sans nous rejeter.

Qu’il peut ne pas être disponible maintenant sans que cela dise quelque chose de la qualité de la relation.

Et que comprendre l’autre demande parfois de sortir de notre propre manière de voir les choses.


Dans certaines relations, le chien peut même prendre une place particulière dans notre rapport aux émotions, à l’apaisement ou à la compréhension de nous-mêmes.

Non pas parce qu’il aurait la responsabilité de notre bien-être.

Mais parce que vivre en relation avec un autre individu peut aussi nous apprendre beaucoup sur nous.

→ Pour explorer cette autre dimension : quand le chien devient un guide vers notre mieux-être.


👣 Une relation qui se construit au fil du temps


Il n’existe probablement pas de recette permettant de garantir une « relation parfaite » entre un enfant et un chien.

Et heureusement.


Parce que ni l’un ni l’autre ne resteront exactement les mêmes.

L’enfant va grandir, gagner en autonomie, changer sa manière de jouer, de communiquer et d’entrer en relation.

Le chien va lui aussi évoluer, apprendre, vieillir et connaître des périodes où ses besoins ou ses ressources seront différents.


Le cadre familial devra parfois évoluer avec eux.

Certaines familles souhaitent simplement poser de bonnes bases dès le départ.

D’autres veulent nourrir une complicité déjà présente.

Parfois, il faut comprendre pourquoi certaines interactions débordent régulièrement.

Parfois encore, un équilibre qui fonctionnait jusque-là a besoin d’être réajusté.

Et il arrive aussi qu’une difficulté plus importante se soit installée.


Dans toutes ces situations, le point de départ peut rester le même :

Observer ce qui se passe entre l’enfant et le chien, comprendre ce que chacun exprime et construire un cadre dans lequel leurs besoins respectifs peuvent être entendus.

Accompagner une relation enfant-chien ne consiste donc pas nécessairement à chercher lequel des deux doit changer.

Il s’agit aussi de regarder l’enfant, le chien, les adultes, leurs interactions et le quotidien dans lequel cette relation évolue.


Parce qu’un chien ne se dresse pas, il se comprend. Parce qu’un enfant ne se formate pas, il s’épanouit. Parce qu’un parent ne suit pas un manuel, il s’adapte.

Et puis leur histoire continue.

L’enfant grandira.

Le chien évoluera.

Leur façon d’être ensemble changera encore.

Ils connaîtront probablement d’autres moments de complicité, quelques incompréhensions, de nouveaux ajustements et peut-être encore quelques débordements.

Ils n’ont pas besoin de devenir autres pour construire une belle relation.


Ils ont besoin d’apprendre à se connaître, à se comprendre et à grandir ensemble, chacun à sa manière.

Aurore BÉZIADE — Le pied à la patte 

🐾 Éducatrice Comportementaliste canin

👣 Spécialisée familles TDAH/TSA & chiens de soutien

📍 Pilat Rhodanien, Vallée du Gier, Vallée du Rhône

La Foire aux Questions 

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