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Le blog sur l'éducation canine et le bien être de votre chien

PECCRAM : apprendre aux enfants à comprendre le chien pour prévenir les morsures

2 oct. 2025
8 min de lecture

Dernière mise à jour : il y a 6 jours


Un chien qui montre les dents sourit-il ?

Un chien immobile et silencieux est-il forcément calme ?

Et lorsqu’il remue la queue, est-il toujours content ?


Ces interprétations peuvent sembler évidentes lorsqu’on regarde le chien avec nos repères humains.

Pourtant, elles ne correspondent pas toujours à ce qu’il est en train de communiquer.

Et lorsqu’on ne comprend pas ce que le chien exprime, on peut poursuivre une interaction alors qu’il aurait justement besoin qu’elle s’arrête.


👉 C’est tout l’intérêt de transmettre, dès l’enfance, quelques repères simples pour mieux observer le chien avant d’interagir avec lui.


C’est aussi l’objectif du PECCRAM — Programme d’Éducation à la Connaissance du Chien et au Risque d’Accident par Morsure.

Que l’enfant vive ou non avec un chien, ces repères peuvent lui être utiles : des chiens, il en rencontrera probablement chez des proches, dans la rue, dans un parc ou au cours d’une promenade.


🐾 Pourquoi les enfants sont-ils plus exposés aux morsures de chiens ?


👀 Nous ne parlons pas toujours le même langage


Les enfants ne sont pas les seuls à pouvoir se tromper sur ce qu’un chien communique.

Nous pouvons tous interpréter ses comportements avec nos références humaines.


Chien en mouvement, gueule ouverte, pendant une séquence de jeu



🐶 Il montre les dents → L’enfant peut penser qu’il sourit.

🐶 Il reste immobile et silencieux → Il peut sembler calme, alors que cette immobilité peut aussi apparaître dans une situation d’inconfort ou de stress.

🐶 Il remue la queue → Cela ne signifie pas automatiquement qu’il est heureux ou qu’il souhaite être approché.


Chien qui bâille en détournant la tête et regarde vers l’objectif

Observer un signal ne permet pas de savoir exactement ce qu’un chien pense ni de prévoir ce qu’il va faire.

Cela donne en revanche des repères pour éviter de décider trop vite de ce qu’il ressent ou de ce qu’il souhaite.


L’enjeu n’est donc pas seulement d’apprendre à l’enfant « ce qu’il doit faire ».

Il peut progressivement apprendre à observer avant d’interagir.


👧 Une vulnérabilité particulière


Lorsqu’une morsure survient, la petite taille de l’enfant l’expose davantage à des blessures au niveau de la tête et du cou, avec des conséquences qui peuvent être importantes.

Transmettre des repères adaptés à son âge constitue donc l’un des leviers de prévention.


⚠️ Mais la prévention ne repose pas uniquement sur ce que l’enfant saura ou parviendra à faire.

Les adultes restent ses principaux repères et ajustent le cadre et les conditions d’interaction au mieux, selon la situation et les ressources disponibles.


🛡️ Prévenir les morsures ne concerne pas seulement les enfants


En 2020, l’ANSES a publié un rapport d’expertise consacré au risque de morsure de chien.

Ce travail rappelle notamment qu’on ne peut pas résumer le risque de morsure à la race du chien : la prévention repose sur plusieurs facteurs et plusieurs acteurs.


Elle passe notamment par :

  • la sensibilisation des enfants et des adultes, propriétaires de chiens ou non ;

  • une meilleure connaissance des besoins du chien ;

  • l’information et l’accompagnement des propriétaires ;

  • le rôle des professionnels en contact avec les chiens et les familles ;

  • l’évaluation des situations à risque.


La présence et la supervision de l’adulte restent également des éléments importants lorsqu’un jeune enfant et un chien interagissent.

Mais encore faut-il avoir des repères pour savoir quoi observer, pourquoi et quand une situation peut demander un ajustement.


🐾 Prévenir protège aussi le chien


Un accident peut avoir des conséquences importantes pour l’enfant.

Il peut aussi en avoir pour le chien et pour la relation : réactions humaines après l’incident, dégradation de la relation, abandon et, dans certaines situations, euthanasie.


Mieux comprendre les chiens participe donc à protéger les deux côtés de la relation.


Ne pas minimiser les risques. Ne pas réduire la relation aux risques.

Et les repères transmis pendant l’enfance peuvent aussi accompagner la manière dont les adultes de demain rencontreront les chiens.


🎒 PECCRAM, c’est quoi exactement ?



Illustration PECCRAM sur la connaissance du chien et la prévention des morsures chez les enfants

PECCRAM signifie Programme d’Éducation à la Connaissance du Chien et au Risque d’Accident par Morsure.

Il s’adresse principalement aux enfants d’environ 4 à 12 ans.

Son objectif : leur transmettre des repères accessibles pour mieux connaître le chien, comprendre certains éléments de sa communication et interagir avec lui de manière plus adaptée.


Les enfants peuvent notamment apprendre à :

  • observer certains signaux de communication ;

  • reconnaître des comportements facilement mal interprétés ;

  • savoir comment agir lorsqu’ils rencontrent un chien ;

  • comprendre qu’un chien n’a pas toujours envie d’interagir ;

  • acquérir des repères permettant de limiter certaines situations à risque.


🚦 Apprendre avant qu’un accident arrive


La logique ressemble à d’autres apprentissages de prévention proposés pendant l’enfance.

On apprend à traverser une route avant qu’un accident ne survienne.

On apprend à évoluer dans l’eau avant de se retrouver en difficulté.


👉 Il n’est pas nécessaire d’attendre une mauvaise expérience avec un chien pour apprendre à mieux le comprendre.


C’est pourquoi PECCRAM peut notamment être utilisé dans différents contextes éducatifs et collectifs.

Diplôme de formation PECCRAM d'Aurore Béziade

J’ai moi-même été formée à PECCRAM auprès de Chantal Hazard. Certains repères issus de cette formation continuent aujourd’hui à nourrir ma pratique auprès des familles.


🌱 Une règle est plus facile à mobiliser lorsqu’elle a du sens


Prenons une règle très simple :

« On ne dérange pas un chien qui dort. »

La règle est utile.

Mais comprendre pourquoi elle existe permet d’aller plus loin.

Le chien qui dort ou se repose peut avoir besoin de tranquillité. L’enfant peut apprendre à observer qu’il n’est pas disponible à cet instant.

Il découvre alors qu’avoir envie d’aller vers lui ne signifie pas forcément que c’est le bon moment pour le faire.


Main d'enfant avec la patte d'un chien posée dessus

La règle n’est plus seulement quelque chose à appliquer.

Elle devient un repère qui a du sens.


🗺️ Un même objectif, plusieurs chemins pour y arriver


L’objectif n’est pas que chaque enfant mémorise et restitue parfaitement une liste de consignes.

Il s’agit de chercher par quel chemin ces repères peuvent devenir accessibles et avoir du sens pour lui.

Et le chemin n’est pas forcément le même pour tous.


Une histoire. Une image. Une manipulation. Une situation vécue. Une analogie. Une discussion. Quelque chose que l’enfant connaît déjà…

Autant de chemins possibles pour créer du sens.


Mon travail auprès d’enfants aux fonctionnements très différents, notamment neuroatypiques, a beaucoup nourri ma manière de transmettre : chercher par où l’information peut devenir accessible à cet enfant-là, dans ce contexte-là.

Le cadre donne une direction sans imposer un chemin d’apprentissage unique.

👣 Petits Ambassadeurs des Pieds et des Pattes


C’est dans cette logique que j’ai progressivement construit la séance dédiée aux enfants, les Petits Ambassadeurs des Pieds et des Pattes.


Elle s’appuie notamment sur les repères issus de PECCRAM, croisés avec la guidance parentale, mon expérience de formatrice et ce que le travail auprès des familles m’apprend.

Lorsqu’un enfant vit au quotidien avec le chien, cette séance dédiée prend place dans l’accompagnement Alignement des Pieds et des Pattes.


L’enfant peut notamment être amené à :

  • observer et expérimenter ;

  • manipuler différents supports ;

  • mettre des mots sur ce qu’il comprend ;

  • participer à la construction des règles familiales autour du chien ;

  • réfléchir à la raison pour laquelle ces règles existent ;

  • les reformuler ou les présenter à sa manière lorsqu’il le peut.


Reformuler ou transmettre peut être une manière supplémentaire de s’approprier un repère.

Ce n’est ni un examen, ni la preuve qu’une compréhension serait définitivement acquise.


🧩 Comprendre et vouloir ne suffisent pas toujours à pouvoir faire


Un enfant peut avoir compris qu’il vaut mieux laisser le chien tranquille lorsqu’il se repose…

…et avoir malgré tout beaucoup de difficulté à retenir son envie d’aller le voir.


Un parent peut comprendre qu’un cadre mérite d’être ajusté…

…sans savoir encore comment le rendre réellement applicable dans sa famille.


Fatigue, émotions, frustration, habitudes, environnement, disponibilité : les ressources ne sont pas identiques tous les jours.


C’est précisément pour cela que la séance dédiée à l’enfant prend place dans un accompagnement plus large.

Il ne s’agit pas seulement de transmettre des règles à l’enfant ou des conseils aux parents.

Il faut ensuite pouvoir essayer, observer ce qui se passe réellement, trouver des façons de faire accessibles et réajuster lorsque c’est nécessaire.


🐕 Quand le chien devient aussi médiateur dans la famille


Le chien offre un support très concret à des notions parfois difficiles à expliquer de manière abstraite.


Pourquoi le laisse-t-on tranquille lorsqu’il se repose ?

Parce qu’il peut avoir besoin de calme et d’espace.


L’enfant peut alors expérimenter quelque chose de très concret : observer l’autre, attendre, gérer parfois sa frustration et prendre en compte sa disponibilité.


Respecter le moment calme du chien peut, par exemple, aider à comprendre pourquoi une autre personne de la famille peut elle aussi avoir besoin que son espace ou son indisponibilité soient respectés.


⚠️ Le transfert n’est ni immédiat ni automatique.


Mais le chien peut offrir des situations concrètes et porteuses de sens dans lesquelles l’enfant expérimente des façons d’être en relation qui pourront progressivement devenir mobilisables dans d’autres contextes.


🐕 Connaître son chien ne signifie pas connaître les chiens


Un enfant qui vit avec un chien apprend progressivement à connaître ses habitudes, certaines de ses réactions et sa manière de communiquer.

Mais ce que son chien accepte ne dit pas ce qu’un autre chien acceptera.

Et même un chien que l’on connaît très bien peut réagir différemment selon ce qu’il vit à ce moment-là : fatigue, douleur, environnement, excitation, inquiétude…

Les repères sur la communication canine sont une carte pour mieux observer, pas un mode d’emploi permettant de prédire chaque chien.

✋ Demander… et accepter un « non merci »


Deux chiens tenus en laisse lors d'une promenade

Lorsque l’on rencontre un chien, demander avant de le toucher est important.

Mais demander signifie aussi accepter que la réponse puisse être non.


Aimer les chiens, en avoir un à la maison ou connaître certains de leurs signaux ne donne pas un droit à l’interaction.

Mieux connaître les chiens, c’est aussi apprendre à reconnaître qu’une interaction n’est pas toujours nécessaire ou souhaitée.


Et si l’enfant a peur des chiens ?


Mieux connaître certains comportements canins peut apporter des repères à un enfant qui ne se sent pas à l’aise en présence d’un chien.

Comprendre ce qu’il observe peut parfois l’aider à mieux lire la situation.


Cela ne signifie pas que quelques connaissances suffisent à faire disparaître une peur, ni que toutes les peurs ont la même origine.


Ici encore, l’objectif reste simplement de mieux comprendre ce que le chien communique.


🌳 Comprendre le chien, au-delà de la prévention


PECCRAM apporte des repères précieux pour mieux comprendre les chiens et prévenir certaines situations à risque.

Mais connaître quelques signaux ne permet pas de tout prévoir.


Chaque chien est un individu.

Chaque interaction se déroule dans un contexte particulier.

Et ce qui est possible à un moment peut ne plus l’être à un autre.

Prévenir les morsures est essentiel.

Mais vivre avec un chien ne se résume pas à éviter qu’un accident arrive.


En apprenant à observer le chien, l’enfant découvre aussi un autre être vivant, avec ses besoins, ses limites, ses envies et ses moments d’indisponibilité.

Il apprend progressivement à le connaître.

Et leur relation évolue avec eux.


Les repères transmis aujourd’hui participent ainsi à prévenir certaines situations à risque. Mais ils peuvent aussi ouvrir la voie à une autre manière de vivre avec les chiens :

Mieux les comprendre pour mieux entrer en relation avec eux.

C’est cette relation, avec tout ce qu’elle peut demander d’observation et d’ajustements mais aussi apporter au fil du temps, que je développe dans :


Parce qu’apprendre à mieux les comprendre commence peut-être simplement par apprendre à les regarder autrement.


Aurore Béziade – Le Pied à la Patte 🐾 Comportementaliste canin & Éducatrice 👣 Spécialisée familles TDAH/TSA & chiens de soutien 📍 Pilat Rhodanien, Vallée du Gier & Vallée du Rhône



La Foire aux Questions 

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